18 octobre 2012

La journée commence par la visite de l’atelier de João Vilhena et une demi-heure de retard … J’ai mal appréhendé le temps du trajet entre l’appartement et le métro. Et, en plus ce dernier s’arrête 10 minutes en pleine voie juste avant St Paul. João Vilhena vient me chercher devant la Cité des Arts car je risque fort de me perdre à l’intérieur. Dans son atelier, je découvre « en vrai » le dessin que j’ai fait sélectionner pour « Volupté », troisième volet du triptyque baudelairien mis en place sous forme de commissariat collégial par certains membres de Marseille expos au sein des Galeries Lafayette rue St Ferréol à Marseille. Si je connais bien ce dessin, le voir là devant moi est autre chose. Apparaisse une somme de détails invisibles à l’écran. Nous évoquons également le déménagement de João au Point Éphémère et sa recherche d’appartement ou de colocation à Paris pour revenir ensuite à de l’artistique en évoquant ensemble le devenir d' »Ecart postal », pièce qu’il a mis en œuvre avec la complicité de Dorota Buczkowska et Fabien Granet en début d’année et auquel il souhaite donner une autre vie. Nous nous quittons vers midi ayant l’un et l’autre rendez-vous au métro St Paul. Julie Perin m’y rejoint et nous décidons d’aller déjeuner dans le Marais et ce afin de nous rapprocher, l’une et l’autre, de notre point de rendez-vous suivant. Passant devant l’Institut Culturel Suédois, nous sommes séduites par le charme de la cour pavée et du soleil qui la baigne et y déjeunons d’un délicieux sandwich aux boulettes. Cette halte sent la Belgique pour moi tant on est proche de par ce que l’on trouve dans nos assiettes et de par le paysage environnant de mon second pays. En tout cas, on est très loin de l’ambiance marseillaise !

Déjeuner à l’Institut Culturel Suédois

J’ai rendez-vous à 14h avec Marie Deparis-Yafils qui m’a fait une proposition de commissariat d’exposition pour 2013 à Marseille. Nous discutons longuement de la proposition artistique et je lui fais quelques suggestions à ce sujet. Je souhaiterais que cette exposition soit moins parisienne et un petit peu plus marseillaise. La thématique qu’elle aborde recoupe en effet les travaux de nombreux artistes que je connais. Par ailleurs, il me déplait de défendre à l’heure de 2013 un projet 100% parisien même si son regard m’intéresse. Il me semble important que dans cet échange, elle prenne en compte la création contemporaine de la région Paca, et je suis là pour lui en donner quelques clefs. Tout échange se doit de l’être dans les deux sens et ce serait pour moi un échec si cette commissaire d’exposition parisienne venait à Marseille sans connaître ne serait-ce que partiellement la création contemporaine du cru. Sans pour autant faire ma chauvine … Marie entend cet argument et je m’engage à lui faire des propositions d’artistes dont l’univers artistique peut l’intéresser. Cette exposition prendra place à HLM / Hors Les Murs, l’espace d’exposition de 150 mcarré mutualisé par les membres de Marseille expos se trouvant dans le quartier du Panier.

Je file rapidement ayant rendez-vous avec Maciek Stepinski et Julie Perin au salon YIA (http://www.yia-artfair.com/) lequel regroupe des galeries à mon sens très intéressantes, mais qui n’ont pas eu les faveurs de la Fiac quant à leurs sélections en son sein. L’espace d’exposition (au niveau de la bouche de métro Richard Lenoir) est très beau sans pour autant être facile. Il n’y a pas de cloison entre les stands (et c’est tant mieux), la lecture du salon est fluide et la scénographie entre les stands et les œuvres des artistes réellement intéressantes. Si on peut ne pas aimer toutes les propositions artistiques, il faut admettre que le salon est de belle qualité. J’entends d’ailleurs de ci et de là des commentaires quant aux collectionneurs qui « doivent impérativement venir » et ce afin de ne pas rater ce qui est une réelle réussite. J’y croise beaucoup de marseillais, essentiellement des artistes (Claire Dantzer, Stéphane Protic, Emilie Lasmartres, Denis Prisset par exemple) mais aussi pas mal de têtes connues. On se salue, j’invite à venir à Marseille … La routine ! J’ai parfois la sensation de travailler pour l’Office de Tourisme de la ville. Nous discutons un long moment avec Bertrand Grimont, Alberta Pane et un assistant très agréable de la galerie JGM. Leurs espaces (on ne peut décidément pas parler de stand) sont impeccables. Alberta Pane est également la galeriste de João Vilhena à Paris. Elle me dit lire ce journal avec un immense sourire … C’est la première fois qu’un galeriste m’en parle aussi je lui demande son ressenti. Lequel est très positif. Elle me dit « nous faisons tous ce travail pour la même raison ». Et elle n’a pas tort. Le travail de l’artiste qu’elle présente est très beau. Il s’agit d’Esther Stocker. Je n’étais pas convaincue par les photographies de son travail et n’avait pas bien compris quand João Vilhena m’avait parlé d’humour dans son travail alors que c’est très bien vu. Une superbe proposition … Comme quoi, rien ne remplace le fait de voir les œuvres de visu. J’espère qu’Alberta aura fait carton plein avec cette proposition artistique sensible, poétique, élégante et pleine d’humour.

Vue d’exposition salon YIA Art Fair 2012 – Esther Stocker (Galerie Alberta Pane)
Crédit photo : GJ

Nous filons à Alésia où nous avons rendez-vous avec Andrea Ponsini, commissaire d’exposition de Jeune Création à Montrouge et chargé de projet pour la ville, et Laurent Quénéhen, directeur des Salaisons à Romainville (http://www.salaisons.org/). Les Salaisons sont un lieu d’excellence en matière de programmation et d’engagement envers la création artistique contemporaine. Lorsque les journalistes soulignent ces derniers qu’il est plus que nécessaire de passer la petite couronne pour aller découvrir des propositions artistiques de grande qualité, ils n’ont pas tort. Et le passage aux Salaisons est quasiment obligatoire …Nous arrivons en avance et commandons une bouteille de vin avec des petits grignotis. Discussion gaie autour de la vie, l’art, la vie, l’art …  Nos convives arrivent. Je taquine directement Andrea Ponsini sur sa position de « fonctionnaire ». De nous cinq, il est le seul à bénéficier de cette sécurité de l’emploi et d’un poste aussi prestigieux. Andrea est infiniment sympathique et charmeur. Il ne craint pas de passer pour une certaine caricature de l’italien … Cela en est drôle d’ailleurs. Maciek explique son travail à Laurent. Il se trouve qu’ils ont exposés ensemble à Jeune Création, il y a quelques années. Le monde est petit. On commande à nouveau une bouteille. Je dirai plus tard une phrase sans queue ni tête : « la soif dans le monde, c’est juste pas notre faute ». Deux verres de vin c’est bon pour moi, au bout du troisième je divague et il est peut-être 19h30… C’est terminé, je ne bois plus un verre d’alcool ! Et commande une carafe d’eau. Nous nous rendons chez Andrea qui doit préparer sa valise pour Budapest, à moins que ce ne soit Bucarest, je ne me rappelle pas bien, avant de nous rendre Boulevard Raspail à la Chalet Society.

Maciek Stepinski

La Chalet Society accueille le Museum of Everything, fruit d’une recherche à travers le monde d’artistes en marge des institutions, de James Brett, un collectionneur (http://www.museumofeverything.com/). Après la Tate Modern, le Musée Agnelli, Selfridges à Londres ou encore le Centre d’art contemporain Le Garage à Moscou, ce musée atypique et improbable s’est installé à Paris à l’invitation de Marc-Olivier Wahler, ancien dirigeant du Palais de Tokyo.

Ce projet m’a l’air passionnant mais il faut admettre que ce n’est vraiment pas le moment pour y admirer des œuvres ou commencer une conversation philosophiques quant à la pratique amateur et / ou en marge. L’idée de la Chalet Society, c’est de créer une communauté qui lie des artistes qui vivent par exemple reclus dans une chambre (ou dans des asiles psychiatriques) à des artistes qui exposent dans les plus grandes galeries. Marc-Olivier Wahler et son équipe essaient de regarder la valeur intrinsèque des œuvres, ce qu’elles signifient et ce qu’elles apportent. Ce sont les valeurs que la Chalet Society défend, de même que la conscience poétique. Il est convaincu que l’art n’est pas génie d’esprit et que l’appréhender exige un regard débarrassé de filtres que l’on veut bien nous donner politiquement, éthiquement et moralement. D’où cette conviction qu’exposer des artistes en marge fait autant sens qu’exposer des artistes du marché. La Chalet Society prépare déjà une seconde exposition avec Tatiana Trouvé qui, si elle est une artiste totalement intégrée au marché de l’art, n’en produit pas moins un travail que Marc-Olivier Wahler estime être, lui aussi, en marge de la production contemporaine. La Chalet Society est un centre d’art qui se greffe comme un « Software » sur différentes architectures. Ce projet part donc de l’obtention d’un lieu pour une période donnée (ici une ancienne école prêtée par un partenaire privé, le groupe Emerige pour un an environ) investi en y créant un programme spécifique. Une bonne vieille idée de nomadisme qui ne dit pas son nom … Il y a bien trop de monde et je regrette fortement de ne pas pouvoir revenir avant mon départ. Au vu des dates d’exposition, il va m’être compliquée de revenir avant la fin. J’espère toutefois voir celle de Tatiana Trouvé. Pas mal d’artistes sont présents dont Djamel Kokene, rencontré il y a quelques mois sur le toit de la résidence de Marc et Josée Gensollen. On se promet de se revoir bientôt …

La Chalet Society

L’étape suivante, c’est la soirée pour le lancement de la revue de Maurizio Cattelan « Toilet paper » chez Maxim’s. En ce moment tout ce qui est ringard (dont Maxim’s) est branché. On s’engouffre dans la Fiat 500 d’Andrea Ponsini et nous traversons à vive allure la ville lumière. Après qu’Andrea est quasiment freiné au frein à main place de la Concorde, nous y voilà … Lumières tamisées, bonne musique et que des gens coincés ! Andrea nous laisse tomber pour une blonde, pas très jolie. Et, nous on danse. Gâcher de la bonne musique, cela ne se fait pas. En descendant découvrir l’excellent groupe rockabilly italien, je rencontre quelques marseillais. Ils sont tous gris, triste … Amusez-vous est le message que je passe. Message qu’ils comprennent ainsi : « elle est totalement bourrée la pauvre fille » ! Sauf, que mes trois verres de vin ont plus de quatre heures derrière moi et que cela fait longtemps que je suis passée en approvisionnement eau du robinet dans les toilettes, vu que, comme toujours, il est impossible de trouver quoi que ce soit à boire sans alcool. J’ai abandonné un verre de schweppes, avec je ne sais quoi dedans, à la première gorgée alors que j’avais demandé « juste du schweppes s’il vous plait ». Mes années de petite amie de DJ lancé et en place m’ont appris que la fête est plus folle sans alcool ou quoi que ce soit d’autre. J’ai trop vu de gens titubant dans ma vie pour avoir envie d’en faire de même! Cette soirée est étrange. A la fois excellente et très mauvaise. L’un de mes « collègues » marseillais, dont je tairais ici le nom, me tournera le dos parce que j’ai osé lui dire quelque chose de trop vrai. Je n’en reviens pas ! Toutefois, si cela m’agace, je l’oublie au bout de quelques secondes lorsque le groupe de rock se met en place. C’est du bon, c’est du lourd … On danse, on danse, on danse jusqu’à 3 heures environ moment où je ne peux plus avancer avec mes talons que jusqu’au taxi !

Maxim’s

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The Museum of Everything, Exhibition # 1.1 à la Chalet Society 14 boulevard Raspail 75007 Paris, France – Exposition prolongée jusqu’au 24 février 2013
Du mercredi au dimanche de 11h à 19h / de 11h à 20h vendredi + samedi
MÉTRO : rue du Bac (ligne 12)
AUTOBUS : 63, 68, 69, 83, 84, 95

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